Les marchés pétroliers ont vacillé jeudi après l’annonce par le président américain Donald Trump de nouveaux droits de douane agressifs, ravivant les craintes d’une guerre commerciale susceptible de freiner la croissance économique mondiale et d’affecter la demande énergétique.
Le Brent a plongé de 2,71 dollar, soit 3,62%, à 72,24 dollars le baril, marquant ainsi sa plus forte chute quotidienne en pourcentage depuis le 5 mars. De son côté, le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a reculé de 2,63 dollars, soit 3,67 %, à 69 dollars, après une chute initiale de 3,4 %.
Une escalade des tensions commerciales
Les nouvelles mesures tarifaires de Washington frappent plusieurs partenaires commerciaux clés, avec des hausses de 34 % sur les importations chinoises, 20 % sur celles en provenance de l’Union européenne, et un tarif de référence de 10 % appliqué à d’autres nations. Bien que le secteur énergétique ait été exempté de ces sanctions, les investisseurs redoutent des répercussions indirectes qui pourraient ralentir l’activité industrielle et, par ricochet, la consommation de carburant.
L’effondrement des prix a été amplifié par la publication de données montrant une hausse inattendue des stocks de brut américains de 6,2 millions de barils la semaine dernière, alors que les analystes tablaient sur une réduction de 2 millions. Cette augmentation est principalement attribuée à un afflux important d’importations en provenance du Canada.
La Russie, pour sa part, a décidé de restreindre davantage ses exportations de pétrole, suspendant certains chargements en provenance de ports stratégiques, ce qui pourrait exacerber la volatilité des prix dans les jours à venir.
L’attention tournée vers l’OPEP+
Face à cette spirale baissière, les investisseurs attendent désormais la prochaine réunion de l’OPEP+, prévue en fin de semaine, pour évaluer les perspectives de l’offre mondiale. Toute indication d’un ajustement de la production par le cartel pourrait influencer la trajectoire des prix dans un contexte déjà marqué par des tensions géopolitiques et économiques croissantes.
Vers une nouvelle phase d’instabilité ?
Avec la montée des incertitudes économiques et commerciales, le marché pétrolier semble pris entre deux feux : d’un côté, des barrières tarifaires menaçant la demande énergétique, de l’autre, des tensions sur l’offre qui pourraient raviver la volatilité des prix. Dans ce contexte, les investisseurs scruteront attentivement les prochains développements, à la recherche de signaux clairs sur l’évolution du marché.