C’est une annonce qui risque de rebattre les cartes du commerce mondial. Le 2 avril au soir, Donald Trump a signé un décret réinstaurant des droits de douane massifs sur les importations aux États-Unis. Le Maroc, qui ne figure pas parmi les pays les plus visés, n’est pas pour autant épargné : ses produits seront désormais taxés à hauteur de 10% à l’entrée du marché américain.
Mercredi soir, la Maison Blanche a annoncé une série de hausses de droits de douane, initiées par le président Donald Trump, qui entreront en vigueur dès cette semaine. Tous les produits importés aux États-Unis seront frappés d’un droit de douane plancher d’au moins 10%, et ce dès le 5 avril à 04h01 GMT. Une surtaxe renforcée ciblera ensuite, à partir du 9 avril, certains partenaires jugés "hostiles", comme la Chine (34%), l'UE (20%) le Vietnam (46%) ou encore le Cambodge (49%).
Le Maroc, qui n’entretient pas de contentieux commercial majeur avec Washington, hérite néanmoins du taux plancher de 10%, au même titre que d’autres pays d’Afrique, d’Amérique latine ou du Moyen-Orient. Une mesure qui risque de fragiliser certains exportateurs marocains déjà confrontés à un ralentissement de la demande mondiale.
Quels secteurs marocains sont concernés ?
Bien que le volume des exportations marocaines vers les États-Unis reste modeste (environ 3,5 milliards de dirhams en 2023), certains secteurs stratégiques pourraient être affectés. C’est notamment le cas de l’agroalimentaire, du textile, ou encore des pièces automobiles – des filières en pleine montée en gamme et tournées vers l’export.
"Cette taxe arrive à un moment où les industriels marocains cherchent justement à diversifier leurs débouchés au-delà de l’Europe", confie un expert du commerce extérieur. "Le marché américain, bien que complexe, était perçu comme une opportunité. Cette mesure pourrait refroidir certains projets d’implantation ou d’élargissement."
Une mise en application imminente
L’entrée en vigueur est imminente : dès ce vendredi 5 avril à l’aube (04h01 GMT), la nouvelle taxe s’appliquera à toutes les marchandises en provenance du Maroc et des autres pays listés. Aucune exonération sectorielle n’a été annoncée à ce stade.
En coulisses, certains opérateurs marocains s’interrogent : cette décision compromet-elle les projets d’élargissement vers le marché nord-américain ? Faut-il redéployer les flux vers l’Europe ou l’Afrique ?
Vers un durcissement du climat commercial mondial ?
Plus largement, cette décision relance les tensions commerciales à l’échelle planétaire. Alors que la mondialisation ralentit et que les chaînes d’approvisionnement se reconfigurent, ce tournant tarifaire remet en question des équilibres déjà fragiles.
Pour le Maroc, qui cherche à s’insérer dans des chaînes de valeur globales tout en multipliant les accords de libre-échange, la donne vient de changer. Reste à voir si cette mesure restera un coup d’éclat électoral… ou le prélude à une nouvelle ère de protectionnisme.