Les marchés des métaux poursuivent leur trajectoire haussière, portés par une combinaison de facteurs macroéconomiques et géopolitiques favorables. Dans un environnement marqué par l’affaiblissement du dollar, la montée des tensions internationales et des anticipations croissantes d’assouplissement monétaire aux États-Unis, les métaux précieux concentrent à nouveau l’attention des investisseurs, tandis que les métaux industriels s’appuient sur des moteurs structurels solides.
L’argent s’impose comme le métal star de 2025
L’argent a franchi un nouveau cap, progressant de plus de 4% vendredi pour atteindre 74,8 dollars l’once, signant une cinquième séance consécutive de hausse et inscrivant un sommet historique. Cette dynamique traduit un mouvement de fond, alimenté par la recherche de valeurs refuges dans un contexte de risques géopolitiques persistants et par la faiblesse du billet vert.
Au-delà du facteur refuge, l’argent bénéficie pleinement des anticipations de nouvelles baisses de taux par la Réserve fédérale américaine. La baisse du rendement réel renforce mécaniquement l’attrait de ce métal non rémunérateur. À cela s’ajoutent des flux soutenus vers les ETF et des achats continus de la part des banques centrales, contribuant à raréfier l’offre disponible sur les marchés. Depuis le début de l’année, le cours de l’argent affiche une envolée de près de 158%, illustrant un repositionnement massif des investisseurs.
L’or proche de ses plus hauts historiques
Dans le sillage de l’argent, l’or évolue à des niveaux historiquement élevés. Le métal jaune a atteint 4 510 dollars l’once, après avoir brièvement culminé à 4 530 dollars, son record absolu. Là encore, la combinaison d’un environnement géopolitique dégradé et de perspectives monétaires plus accommodantes continue de soutenir la demande.
Les marchés intègrent désormais l’hypothèse de deux baisses de taux de 25 points de base aux États-Unis en 2026, dans un contexte de désinflation progressive et de marché du travail plus équilibré. Depuis janvier, l’or s’est apprécié de plus de 70%, enregistrant sa plus forte performance annuelle depuis 1979. Une progression largement soutenue par les achats institutionnels et par des flux entrants constants vers les fonds indiciels adossés à l’or.
Le cuivre, reflet des transformations structurelles de l’économie mondiale
Sur le segment des métaux industriels, le cuivre confirme sa résilience. Les contrats à terme ont progressé de plus de 3% ce vendredi, atteignant environ 5,7 dollars la livre à New York, leur plus haut niveau en cinq mois. Le métal rouge s’inscrit dans une dynamique distincte de celle des métaux précieux, portée avant tout par des fondamentaux de long terme.
La transition énergétique, le développement des véhicules électriques, l’expansion des réseaux électriques et les investissements massifs dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle soutiennent une demande structurellement élevée. À New York, le cuivre affiche une hausse annuelle de 42%. En Chine, les prix ont progressé de 2,7% à 14 090 dollars la tonne, dans un contexte de tensions persistantes sur l’offre et de coûts de traitement historiquement bas.
Au-delà des mouvements de court terme, la dynamique actuelle des métaux traduit une lecture plus profonde des marchés : prudence sur le cycle économique, recherche de protection face aux risques géopolitiques et repositionnement stratégique sur des actifs tangibles. Dans ce contexte, l’or et l’argent jouent pleinement leur rôle de baromètres du stress financier, tandis que le cuivre demeure un indicateur avancé des grandes transformations industrielles à l’œuvre.