CIH Capital Management a publié mi-janvier sa note de perspectives pour le premier trimestre 2026. Le gestionnaire d’actifs y présente sa lecture de l’environnement macroéconomique et financier, ainsi que ses orientations d’allocation sur les marchés actions et obligataires, à l’international comme au Maroc.
Tout d’abord, le gestionnaire d’actifs indique que l’année 2025 a marqué le retour du politique comme élément structurant des marchés financiers. Aux États-Unis, la mise en œuvre des politiques post-électorales s’est traduite par un soutien à l’investissement domestique et par une orientation protectionniste. En Europe, la croissance demeure faible et hétérogène, dans un contexte de contraintes budgétaires et d’absence de plan de relance coordonné.
Dans ce cadre, la société de gestion souligne que les marchés intègrent désormais une prime de risque politique durable, aussi bien dans les valorisations que dans les stratégies d’investissement.
Du côté national, CCM estime que l’économie marocaine a enregistré en 2025 une croissance de 4,5%, portée par la demande intérieure, l’investissement public et privé et une inflation maîtrisée. Le tourisme figure parmi les principaux contributeurs à cette dynamique, tandis que l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en 2025 a soutenu l’activité économique et les investissements en infrastructures.
Pour 2026, les perspectives macroéconomiques sont jugées favorables, avec une croissance soutenue par l’investissement et le rebond attendu du secteur agricole, une inflation contenue et un déficit budgétaire en légère baisse, autour de 3% du PIB. Une baisse du taux directeur en milieu d’année est également mentionnée, suivie d’une phase de stabilité.
Après une phase de consolidation observée au quatrième trimestre 2025, CIH Capital Management anticipe une reprise de la dynamique du marché actions, soutenue par l’augmentation attendue de la masse bénéficiaire et par le dynamisme des opérations financières.
Dans ce contexte, la société de gestion indique que le segment «value» devrait bénéficier de la dynamique des flux, des risques de survalorisation et de la baisse de l’aversion au risque. À l’inverse, le potentiel des valeurs de croissance (growth) est jugé plus limité, une grande partie des perspectives étant déjà intégrée dans les cours après la forte hausse du marché. Les valeurs dites de «qualité» sont abordées sous l’angle de la solidité et de la résilience, dans un environnement marqué par des niveaux de valorisation élevés.
Sur le marché obligataire, l’asset manager souligne que l’équilibre de la courbe des taux reste tributaire de la capacité du marché à couvrir les besoins de financement du Trésor et des émetteurs privés. Le dernier trimestre 2025 a mis en évidence certaines tensions, notamment sur les maturités moyennes et longues.
Dans ce contexte, la société de gestion indique que le crédit privé offre un couple rendement-risque jugé intéressant, avec un risque de crédit maîtrisé. La question de la duration demeure liée à l’évolution des finances publiques et à l’éventuelle baisse du taux directeur attendue au cours de la seconde moitié de l’année.
Pour ce début d’année, CIH Capital Management indique privilégier une allocation internationale orientée « risk on », avec une sensibilité accrue aux résultats des émetteurs privés. Selon la note, ces actifs présentent une moindre exposition au risque souverain dans un environnement dominé par les décisions politiques.
La société de gestion précise toutefois que la sélectivité demeure déterminante, en raison des niveaux de valorisation observés sur certains marchés et des risques persistants en Europe.
Y.S